L'Animal Totem chez les Amérindiens

L'Animal Totem chez les Amérindiens

La culture amérindienne a toujours été fortement influencée par la nature. À l’intérieur de ce rapport, les animaux totems sont une pièce essentielle, le signe d’une représentation symbolique originale.

Aller à la découverte de leur origine, de leur fonction, sera notre souci dans cet article, mais aussi, parce qu’il ne faut pas se priver du plaisir de jouer avec le savoir, nous tenterons de vous offrir les clefs afin de déterminer quel serait votre animal totem si vous aviez vécu en indien.ne à l’époque où les européens n’avaient pas encore découvert l’Amérique.

L’univers de ces peuples merveilleux est notre spécialité, et aujourd’hui, nous allons vous révéler les moindres détails de ce sujet passionnant !

1/ Signification d’un animal Totem Amérindien

Le mot « totem » est dérivé du mot Ojibwe « odem », lequel exprime un lien mystique unissant l’esprit d’un individu à un endroit déterminé ou à une nation.

Il est établi dans la tradition de certaines tribus amérindiennes que chaque personne est reliée à neuf animaux, lesquels l'accompagneront tout au long de sa vie en lui servant de guide.

Ces animaux entrent et sortent de la vie de chaque individu selon la direction qu’elle prendra.

Bien qu’une personne puisse s'identifier à différents animaux tout au long de son existence, c’est l’animal qui correspond au type d’évènement vécu qui agira comme guide de référence.

Si l’on se place dans la perspective du groupe humain cette fois-ci, le totem est un emblème faisant référence à un clan ou une tribu.

Par exemple, chez les Mohawks et les Ojibwes, il existe trois clans dont les totems sont : l’ours, le loup et la tortue.

2/ Quel est le but d’un animal Totem ?

Les croyances de ces tribus expliquent en outre qu'un animal totem est aussi un animal qui accompagne le jeune indien pendant toute sa vie dans le monde matériel et spirituel. Cet animal agit comme un miroir, comme un juge, comme un guide, comme l’expression de sa singularité, en somme comme une sorte d’éthique, délivrant, selon le type d’animal choisi ou ayant choisi la personne (par un rêve ou une rencontre hasardeuse et providentielle), un ensemble de postures et de code auxquels l’individu aura à se conformer s’il veut être en harmonie avec lui-même.

Si une connexion est établie avec l’animal, il n’est pas vraiment question d’un rapport direct avec l’animal en le caressant ou en passant du temps avec lui, mais plutôt une disponibilité à extraire des leçons de son comportement.

Du point de vue de la collectivité, chez les indiens des plaines comme les Sioux et les Chippewas, qui avaient l’Ours comme totem, les pouvoirs de l’animal étaient régulièrement invoqués avant de partir à la guerre. Les guerriers se peignaient le visage des marques ressemblant à des griffes d’ours, ils apportaient aussi avec eux un poignard construit à partir de la mâchoire d’un ours.

3/ Comment trouver son animal totem ?

Un peu d’histoire pour commencer, dans de nombreuses tribus amérindiennes, lorsque les jeunes indiens souhaitaient connaitre leur animal totem, ils s’exilaient en quête de visions. Aussi, passaient-ils quatre jours et quatre nuits dans les montagnes ou dans les profondeurs d’une forêt sans boire ni manger.

En passant son temps à prier, l’effet progressif du jeûne provoquait un état de transe, lequel permettait alors d’accéder au grand-esprit, auquel il demandait de lui accorder une vision.

Pendant ces longues heures d’attente au cœur de la nature sauvage, un animal finissait toujours par apparaître réellement devant lui, c’est à ce moment-là que celui-ci devenait son animal totem.

Aujourd’hui, friandes d’outils symboliques pour répondre à l’éternelle quête de soi, et cela malgré leur adoration de la technologie, nos sociétés occidentales ont développé différentes manières pour découvrir son animal totem, renouant ainsi avec un besoin que ne saurait combler tous les beaux objets que le capitalisme nous permet d’acquérir :

  • L’astrologie Chamanique (la roue de médecine)
La roue de Médecine ou roue Chamanique est une technique plus récente, permettant de recréer un lien avec l’environnement qui nous entoure.
Cette roue ne repose pas comme la constellation de notre zodiaque (diminutif de zôon : « animal » en grec ancien) sur les seuls animaux, l’astrologie des indiens d’Amérique du Nord se base sur l’ensemble des éléments qui composent la nature, parmi lesquels se trouvent les animaux totems.
Les Amérindiens établissaient de grands parallèles entre les saisons, les éléments, le soleil, la lune, les animaux, les plantes, et la nature humaine.
Selon leur croyance, chaque élément de la nature, qu'il s'agisse d'un animal, d'une plante ou d'un minéral, est un être vivant à part entière, lequel est intrinsèquement relié aux autres par le cercle de la vie, qu'ils nomment « roue de la médecine ».
La « roue » est souvent partagée en quatre parties symbolisant les quatre points cardinaux : EST - SUD – OUEST – NORD.
Chaque direction est reliée à une saison, élément, un règne (animal, végétal, minéral), un état de conscience, un ou plusieurs animaux.
Cependant, on retrouve différentes variétés de roue selon les tribus. Il en est une proposant jusqu’à 8 directions : les quatre autres directions représentant les deux solstices d’été et d’hiver, et les deux équinoxes d’automne et de printemps.
La situation de l’Homme dans cette « roue » se trouve être au même niveau que celle des animaux, des végétaux et des minéraux. L’individu se situe au centre de la « roue », et c’est en ce centre que l’Homme se questionne à travers sa relation aux différentes directions et à leurs symboliques.
On comprend alors que si l’on peut avoir un animal de prédilection, un guide ou un miroir, dans le cas d’une recherche de soi, il devient logique que cette quête nous amène à croiser la figure symbolique d’autres animaux dont la valeur comportementale aura à un moment précis de notre existence un impact peut-être plus efficace que l’on aura choisi comme « saint » patron.
  • Les cartes médecines
Les cartes médecines est une méthode de divination issue de la roue de médecine Amérindienne, elles ont été créées par David Carson, un écrivain descendant de la tribu des Choctaws. Elle enseigne à discerner plus nettement son chemin sur la « Terre-Mère », et cela à partir du symbolisme animal.

4/ Un Animal Totem Humain trop Humain

Les animaux et la signification qui leur étaient attribués dans le cadre du système totémique variaient d’une nation à l’autre, néanmoins il est possible de retrouver une constance rassemblant l’ensemble des peuples d’Amérique du Nord dans l’interprétation des pouvoirs et caractéristiques animales. La faune et la flore étant commune à nombre de ces nations, les influences étaient certaines, à quoi il faut ajouter du point de vue du potentiel interprétatif, que les animaux sont très spécialisés, ce qui rend l’isolement d’un comportement plus aisé, et par conséquent, si nous prenons l’exemple de l’ours, il sera difficile d’extraire de son comportement autre chose que la force brute, la nonchalance (attribuée à sa démarche) la gourmandise (liée à sa gloutonnerie au sortir de l’hiver), et une certaine paresse (attribuée à son hibernation), pour qui sait et a le temps de les observer.

 

L’exemple de l’ours :

Symbolisme :

  • Il représente en priorité la force physique et la force de l’âme
  • L’introspection, les moments de solitude, de patience et de repos
  • Animal d’action et de leadership il encourage la confiance

Caractéristiques :

C’est une des créatures les plus puissantes du règne animal, elle figure en bonne place dans la mythologie de l’ensemble des tribus amérindiennes.

Certaines légendes indiennes mettent l’Ours à l’égal de l’Homme, et racontent que l’Ours tout comme l’Homme aurait été directement créé par le Grand-Esprit.

La ressemblance corporelle entre les deux espèces joue sur ce plan, le squelette d’un ours présentant des analogies certaines avec celui d’un Homme. Enfin, L’ours par son alimentation omnivore se rapproche aussi du comportement alimentaire de l’Homme.

En plus de sa force, l’ours est considéré comme un être à grand pouvoir médicinal. Parce qu’il continue à se battre même après avoir été gravement blessés, les Amérindiens croyaient souvent qu’il était capable de guérir de ses blessures, ceci lui fit alors jouer un rôle majeur dans nombre de cérémonies religieuses.

Aussi existent-ils des légendes amérindiennes racontant comment l’ours aurait enseigné à l’Homme les bonnes techniques afin de se soigner en choisissant la plante qu’il doit manger selon le problème de santé dont il est affecté. Si les Hommes médecins des tribus l’ont observé pour connaitre les spécificités curatives des plantes, c’est surtout parce que l’ours ressemble à l’Homme, la totalité des animaux ayant comme lui l’instinct de se tourner vers les plantes et les boues qu’il leur faut pour se soigner, il était plus facile de faire confiance à l’Ours qu’au Loup pour savoir quelle plante conviendrait le mieux.

D’autre part, cet animal possède la faculté de ralentir ses fonctions corporelles lors de son hibernation. Les observateurs ne manquèrent pas d’en tirer une leçon sur le pouvoir régénérateur et de préservation de la plonger en soi-même. L’ours enseigne à l’Homme chaque hiver qu’il est parfois plus sage pour supporter les épreuves que la vie vous inflige, de se terrer que de lutter. Peu importe la force que vous avez, il en est toujours une qui saura vous supplanter, il faudra alors savoir mettre son orgueil de côté pour mieux renaître.

L’ensemble de ces spécificités poussa certaines tribus à considérer comme irrespectueux et dangereux de l’insulter, de marcher sur ses excréments, ou même de prononcer son nom en dehors de certains rituels.

Conclusion

Il existe bien entendu de très nombreux animaux totems, comme l’aigle, le loup, la tortue, le renard, le cerf, etc. cet article ayant pour dessein de donner des éclaircissements sur la façon dont le système totémique fonctionne en relation serrée avec l’interprétation des comportements animaux, il ne nous a pas paru pertinent de développer une liste exhaustive des animaux. L’ours représentant à nos yeux un cas à part par sa ressemblance d’avec l’Homme, c’est lui que nous avons choisi pour exemplifier notre exposé.

L’animal totémique parcoure toute la vie de l’indien d’Amérique du Nord, il est sa grille de lecture de soi comme aujourd’hui nous pouvons utiliser l’ennéagramme, la psychanalyse Freudienne ou lacanienne, les 6 types de personnalité du Process Communication Model, ou les caractères de La Bruyère.

Peut-être que le totémisme n’a pas dit son dernier mot, en ceci qu’il a déjà le pouvoir de nous rapprocher de la nature voir même pour certain d’amorcer un contact avec elle, enfin, dans ce processus, l’éveil à soi pourrait aussi être un éveil écologique aux conséquences éthiques non négligeables : un individu se reconnaissant dans un animal, un végétal, une pierre, pourrait bien infléchir son comportement par une discipline qu’il n’avait pas auparavant, en ramassant ses déchets sur la plage, ou même ceux des autres, cette fameuse goutte d’eau qui pourrait bien à terme sauver des océans entiers.

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