TOP 10 : TRIBUS INDIENNES LES PLUS CONNUES

Publié par Les 5 Mousquetaires le

TOP 10 : TRIBUS INDIENNES LES PLUS CONNUES

"The Expedition you are appointed to command is to be directed against the hostile tribes of the Six Nations of Indians. The immediate objects are the total destruction and devastation of their settlements."
George Washington

Vous voyagez dans l'Amérique du Nord pour voir Hollywood et Manhattan ? Las Vegas et Disneyland ? Le Golden-Gate et la Nouvelle-Orléans ? L'histoire de ces territoires est complexe, sa nature est parmi les plus belles, et si nous voyagions, pour une fois pour y découvrir ceux qui ont vécu et vivent encore pendant des millénaires sur ces terres afin de redéfinir une carte des États-Unis qui soit plus juste et plus authentique.

Je vous propose de faire la connaissance avec 15 tribus que vous connaissez de nom, que votre enfance, un mot que vous utilisez, ou un film vous aura fait rencontrer.

Et souvenons-nous aussi de ces peuples-là, victimes comme les Aztèques, les Incas et les Mayas, leurs cousins du Sud, de la prédation de l'Homme européen.

Carte Tribus Amérindiennes

Petites précisions géographiques, l’Amérique du Nord c’est très grand :

Avant l’arrivée des colons européens, les populations natives se répartissaient en quatre zones : sur la côte nord-ouest du pacifique se dressent les villages de pêcheurs de saumon et de chasseur de baleine. Au sud-ouest, on construit sur les mesas, des plateaux qui permettent de se protéger des pillards Apaches et Comanches. Dans les grandes plaines du centre vivent des nomades qui tirent du bison l’essentiel de leur subsistance. Et enfin autour de la région des grands lacs, au nord-est se trouvent des tribus de chasseurs-cueilleurs.

 Amateur de Western ou de Danse avec les loups voici un classement pour mettre de l’ordre dans votre culture indienne erratique, voir inconsciente :

 

1. Les Apaches

La tradition du Western les a rendus célèbre pour leur cruauté, c’est que nombre de ces films se sont tournés autour du Sud-Ouest américain : Arizona, Nouveau-Mexique, Oklahoma, et il est vrai que les Apaches sont un peuple guerrier qui vivait de raids sur les populations d’agriculteurs de ces régions.

Mais rappelons-nous que la Guerre de Troie (vous savez l’histoire d’Achille et de la belle Hélène...) n’est rien d’autre qu’un grand pillage organisé maquillé en querelle amoureuse.

Geronimo Apache 

Les Européens ont toujours de bons prétextes pour attaquer… Outre le fait que cette tribu assista les colons mexicains et les colons américains dans leurs expropriations, elle finit par se retourner contre ces envahisseurs quand il ne resta plus que les Apaches à anéantir, et c’est là qu’émergea une des figures les plus emblématiques de la lutte des natifs d’Amérique du Nord : Geronimo, sur lequel un biopic a été réalisé en 1993.

 

2. Les Sioux

 Si l’Apache est féroce selon les codes du western, au point que les « Peaux-Rouges » ont été tous identifiés à cette vision de la horde indienne hurlante comme des chiens à la lune en déferlant sur les wagons de « pauvres » pionniers chercheurs d’or, les Sioux quant à eux sont les indiens des grandes plaines, chasseurs de bisons, ce sont les Ulysse de l’imaginaire occidental indien, l’expression « une ruse de Sioux » tire son origine de leur technique de chasse : ils utilisaient des précipices pour faire tomber les bisons…

Chefs Sioux

Comme toutes les tribus des grandes plaines d’Amérique du Nord, ils utilisent le Tipi. On leur attribut le Pow-Wow, cette danse rituelle qui rassemble des nations plus larges encore que la tribu.

 Sioux Yakari

Par ailleurs, si vous avez vu Danse avec les loups, sachez que Kevin Costner se fait adopter par des Sioux quand il décide d’abandonner l’armée américaine. Les Sioux c’est aussi ce chef qu’est Sitting Bull dont la victoire lors de la bataille de Little Big Horn en 1876 est un des évènements historiques les plus commentés aux États-Unis.

Parmi les nombreux films sur la question, Fort Apache de John Ford reste l’un des plus fort. Enfin si vous appréciez la bande dessinée, sachez que Yakari le petit indien est aussi un Sioux.

 

3. Les Comanches

 À l’instar des Sioux, avec lesquels ils s’allièrent lors de la fameuse bataille citée plus haut, les Comanches sont des Indiens des grandes plaines, chasseurs de bisons, habitant de tipi, mais ce qui caractérise la nation Comanche c’est le cheval. Une fois que l’animal venu d’Europe fut acclimaté au 17e siècle, les Comanches devinrent de redoutables cavaliers.

Comanches

Chassant le bison, mais aussi guerroyant, car les Comanches sont aussi belliqueux que les Apaches qu’ils repoussèrent toujours plus au Sud à mesure qu’ils migraient.

Ces redoutables guerriers, qui étaient en guerre avec à peu près tous leurs voisins, firent malheureusement le jeu des colons en contribuant à la division des natifs entre eux, mais ils furent cependant vaincus au fur et à mesure du 19e par des vagues d’épidémies dont les maladies avaient été introduites par les européens.

 

4. Les Iroquois

 Qui ne connait pas la coupe « iroquois », celle des punks, si ces derniers ont adopté leur mode capillaire c’est parce que la représentation de cette nation n’est pas flatteuse dans l’imaginaire occidentale, et notamment en France. L’Iroquois est un rebelle, un guerrier, ses tatouages rituels, sa coiffure, sa volonté d’indépendance, en faisait le « sauvage » parfait pour inspirer les mouvements anticapitalistes des années 70 du XX° siècle.

Coupe Iroquoise

Les iroquois firent la guerre aux colons français aussi longtemps que la France garda des colonies dans l’Amérique du Nord, et plus précisément dans ce qui est aujourd’hui le Québec. Samuel de Champlain, un explorateur français du début du XVII° siècle qui pensait trouver la Chine par l’actuel Canada leur fit la guerre aux côtés des Algonquins et des Hurons. Ils s’allièrent aux anglais contre les colons américains, et furent déportés par ces derniers lors de leur victoire. On redoutait de leur part cannibalisme, scalpation, et tortures de toutes sortes, mais que ne devait-il pas redouter de nous occidentaux ?

 

5. Les Navajos 

Tous les amateurs de voyages psychédéliques ont un jour rêvé d’aller faire un tour dans le désert Navajo au milieu de la Monument Valley consommer le peyotl, ce cactus hallucinogène utilisé dans des cérémonies rituelles de plusieurs tribus indiennes du sud des Etats-Unis et du Mexique.

Desert Navajo

Les Navajos ce n’est pas que cette spiritualité des grandes étendues naturelles, c’est aussi pour nous autres occidentaux un artisanat magnifique, dont les bijoux sont une source d’inspiration pour tous les créateurs. La boutique de bijoux Harpo à Paris vend depuis 1971 certaines de ces créations où la pierre de Turquoise est travaillée avec de l’argent.

Peinture de sable des médecins Navajo

Enfin, qui n’a pas déjà rencontré ou même acheté une tenture dont les motifs étaient « indiens » … « indiens » oui, mais lesquels ? ces motifs ce sont « les peintures de sable » des homme-médecines navajos, ils les traçaient sur le sable, on a fini par les imprimer.

 

6. Les Cherokee

Non, il ne s’agit pas de cette fameuse jeep qui est devenu avec les années un 4x4 de luxe pour bourgeois parvenus, mais voici plutôt la tribu la plus représentée des 567 tribus reconnues aux États-Unis avec plus de 300 000 individus.

Jeep Cherokee

Originaire du sud-est, cette tribu rentra en contact avec les anglais au 19° siècle, s’en suivit des guerres contre les français, les anglais et les américains, et un épisode terrible d’épidémie de variole en 1739 qui tua la moitié de leur population en moins d’une année.

Au 19° siècle les colons américains les acculturèrent aux pratiques occidentales, et elle fut parmi les premières tribus à adopter la maison de briques, les vêtements et leurs techniques d’agriculture, grâce à quoi elle eut le « « droit » de faire partie des : Five civilized tribes aujourd’hui transformées plus hypocritement en Cinq Tribus. Enfin de 1831 à 1839, le triste épisode de la Piste des Larmes vit la déportation dans des conditions inhumaines de l’ensemble du peuple Cherokee de l’actuelle Virginie vers l’état d’Oklahoma au nord du Texas.

 

7. Les Cheyennes

    Les Cheyennes sont une tribu des grandes plaines, déportée en Oklahoma comme la plupart des populations natives de ces zones, elle participa à la victoire de Little Big Horn en 1876 avec ses alliés Sioux, et se fit remarquer en 1878 une nouvelle fois quand ses deux chefs Morning Star et Little Wolf décidèrent de quitter la réserve où leur peuple mourrait de faim pour retourner sur leurs terres ancestrales.

    Cheyennes Dustin Hoffman

    John Ford leur rendit hommage avec son film éponyme Cheyenne en 1964, cependant ne cherchez pas les Cheyennes parmi les acteurs, il n’y en a pas… Gilbert Roland joue Morning star. Un autre hommage, vous le connaissez peut-être fut rendu par le film Little big man en 1970, dans lequel Dustin Hoffman incarne un homme adopté dans son enfance par des cheyennes.

    Et cet hommage-là marque un tournant dans l’histoire du western comme dans celle de la représentation des indiens qui deviennent avec le mouvement Hippie, la lutte contre la guerre du Vietnam, ou les Black panthers, un élément à part entière du bouleversement de la société américaine dans la décennie des année 70.

     

    8. Les Ojibwé

       Vous ne connaissez peut-être pas The Song of Hiawatha par le poète Longfellow, ce long poème reprend les légendes Ojibwés, et a inspiré la Symphonie du Nouveau-Monde de Antonin Dvorak… Par contre, vous savez tous ce qu’est un doodem ? Le fameux totem que Freud a rendu célèbre dans son livre Totem et Tabou, est en fait la traduction d’un mode de reconnaissance familiale propre à ce groupe de tribus vivants autour des Grands Lacs entre le Canada et les Etats-Unis auquel appartient les Ojibwés.

      Ojibwa

      Ces derniers sont l’un des groupes de natifs les plus représentés, mais en avez-vous entendu parler ? Pas de film, pas de bande dessinée, pas de jeep de luxe, pas de collier, non plus, mais alors pourquoi les avoir choisi parmi les 567 tribus ?

      Nous essayons ici de rendre hommage aux peuples natifs d’Amérique du Nord à travers la façon dont leur culture, pour le meilleur et pour le pire, a passé dans la nôtre, or il est un objet que nous avons adopté peut-être plus encore que tous les autres, un objet new-age, un objet qui a fini par devenir une sorte d’emblème panindien, j’ai nommé l’attrape-rêve.

      Attrape-Rêve Ojibwé

      Au commencement un petit cerceau simplement tressé de cordelette à la façon d’une toile d’araignée pour protéger les enfants, aujourd’hui dans quelque maison européenne, il est un objet de décoration complètement revisité.

      Vous pouvez d'ailleurs retrouver notre Article sur l'Attrape-Rêve Revisité

       

      9. Les Natchez

        Si les autres tribus évoquées existent encore, les Natchez eux n’ont pas eu la même « chance », et ont disparu ou sont dispersés et dilués parmi les autres peuples natifs.

        Originaire de Louisiane autour du fleuve Mississipi, les Natchez furent exterminés par les français vers 1730 après avoir réagi à l’expropriation de leur terre pour y pratiquer la culture du tabac. Cette tribu fut la dernière représentante de la culture de plaquemine (à ne pas confondre avec la culture du kaki en extrême orient) qui se caractérise par des architectures de tumulus surmonté de temples organisés dans de vastes places rappelant les Aztèques.

        Natchez - Chactas et Atala

        Enfin, sans Chateaubriand le grand auteur français romantique, nous n’en aurions plus entendu parler, il les a immortalisé dans ses trois œuvres que sont Atala, René, et les Natchez, fondant le Romantisme en France en peignant l’impossible histoire d’amour entre Chactas et Atala.

         

        10. Les Inuits

          Personne n’ignore les esquimaux, c’était la manière de nommer les glaces il y a encore quelques années. Le bisou esquimau, dans le folklore exotique du Grand Nord c’est encore pour nous autres une certaine manière de s’embrasser entre amoureux quand ce n’est qu’une manière de se dire bonjour.

          Inuits Esquimaux

          Et d’ailleurs esquimau, ça ne veut rien dire pour ces tribus du Grand Nord qui préférent qu’on les appellent Inuits. Esquimau est péjoratif, plus on est loin plus on caricature… et si aujourd’hui nous pouvons regarder le premier film entièrement tourné en langue Inuit, avec des acteurs Inuits, Atanarjuat, la légende de l’homme rapide, sortie en 2001, rappelons nous qu’en 1960 Nicholas Ray sortait The Savage Innocents avec Anthony Quinn dans le role de l’Inuit que la culture occidentale pousse au meurtre pour une raison que nous vous laissons découvrir, et qui rappelle le dilemne du prêtre face à l’offrande qui lui est faite de passer une nuit avec la fille de son hôte, mis en scène par Diderot dans Supplément au Voyage de Bougainville.

           

          Conclusion :

          Mais alors où est Pocahontas ? C’est l’une des figures principales d’un des mythes fondateurs de l’Amérique blanche mais c'est surtout une Powhathan… Cet article ne vise aucune espèce d’exhaustivité, il y a des centaines de tribus natives américaines (567 en tout !), des centaines d’emprunts, des centaines d’histoires terribles comme ce qui a mené certaines tribus de natifs à posséder des casinos, les curieux peuvent poursuivre leur recherche s’ils le désirent.

          Il en va de mêmes pour les « Indiens d’Amériques du Nord » et les « Arabes », derrière ces mots se cachent des peuples, des cultures, des langues, complètement différentes, et c’est bien souvent sur les querelles que ces peuples avaient entre eux que les Européens ont bâti le succès de leur conquête… Nous voulions surtout rendre hommage à ces cultures, et réunir les lambeaux disséminés un peu partout dans notre caboche pour les reconnecter avec une réalité géographique et humaine.

          Nous souhaitons aussi peut-être que votre vision des USA en soit un peu modifiée, et on attend toujours que les frères Cohen ou Tarantino, ces chroniqueurs de l’Amérique, fassent un film sur les indiens, pas un natif américain dans The Hateful Eight et Django ou dans The ballad of Buster Scruggs et True Grit, et c’est bien dommage…

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